Appel à se rassembler contre la venue des racistes de la Ligue du midi le 5 décembre à Montpellier

Richard Roudier, à gauche, et son fils Olivier Roudier, à droite, en train d’attaquer les locaux de l’association RAIH au nom du racisme anti-migrant, le 29 juin 2017 à Montpellier

Montpellier Poing Info, le 28 novembre 2017 – L’été dernier, la Ligue du midi refaisait parler d’elle en dévalisant à visage découvert les locaux de l’association RAIH (Réseau aide insertion Hérault), missionné par le département pour déterminer si les jeunes étrangers de Montpellier sont mineurs ou non. Durant l’attaque, Richard Roudier, le chef du groupuscule, est monté sur une table pour développer un argumentaire raciste et islamophobe pendant que son fils Olivier saccageait les bureaux. L’association a porté plainte et la députée de la France insoumise Muriel Ressiguier a réclamé la dissolution de la Ligue du midi. Les Roudier père et fils ont été placé en garde à vue le 25 juillet dernier et sont convoqués au tribunal correctionnel de Montpellier le 5 décembre prochain. En réaction, l’assemblée contre les violences d’État et pour les libertés appelle à se rassembler le 5 décembre à 8h devant le tribunal (place Pierre Flotte) pour éviter que ce « groupuscule haineux [se serve] de ce procès comme d’une tribune pour propager leur idéologie nauséabonde » et pour ne pas laisser « d’espace au fascisme dans l’espace public ». L’appel pointe aussi du doigt « la presse locale […] qui, par une surexposition de faits divers mettant en cause des jeunes migrants, contribue activement à cette ambiance délétère. » Le Poing avait d’ailleurs dénoncé les propos ouvertement racistes de Jean-Marc Aubert, le journaliste d’e-metropolitain qui ne cesse d’écrire des articles à charge contre les migrants. Le groupe local du nouveau parti anticapitaliste appelle aussi à se rassembler le 5 décembre à 8h et en profite au passage pour rappeler qu’ « aucun être humain n’est illégal » et que « les agissements de ce groupuscule identitaire sont la résultante du racisme d’État et des politiques migratoires menées depuis des décennies par les différents gouvernements ». Dans les jours à venir, d’autres groupes politiques vont probablement appeler publiquement à se rassembler contre la Ligue du midi.

Les Roudier, une famille 100% raciste

Pour combattre l’extrême-droite, il faut la connaître. Et pour comprendre d’où vient la Ligue du midi, il faut retracer le parcours de son fondateur, Richard Roudier. Né en 1947 à Béziers, il rejoint dans les années 1960 la Fédération des étudiants nationalistes, un mouvement néo-fasciste partisan de l’Algérie française. De cette période, le père Roudier en tire la conclusion que « le corps humain peut être facilement démultiplié quand on le prolonge par une chaîne de vélo. »(1) Au début des années 1970, il s’engage pour le combat identitaire occitan mais s’attire immédiatement la méfiance des milieux occitans qui le traitent volontiers de fasciste. À la fin des années 1980, le père Roudier implante sa famille dans les Cévennes, au château d’Isis, à Saint-Julien de la Nef et arrête momentanément le combat politique. Quand ses fils Olivier et Martial rejoignent à la fin des années 1990 le groupe nationaliste-révolutionnaire Unité radicale, né d’une alliance avec le Groupe-union-défense (GUD), le père Roudier reprend du service et participe à l’organisation de ce mouvement dont les slogans sont sans équivoque : « Mouloud, touche pas à ma race. Les Françaises aux Français. » Unité radicale est dissous en 2002 après que l’un de ses militants ait tenté d’assassiner Jacques Chirac et certains des anciens membres, dont Richard Roudier, créent alors le Bloc identitaire.

Saluts nazis et coups de couteau

Le père Roudier parvient à imposer une orientation politique régionaliste au sein du Bloc identitaire, mais il ne se reconnaît pas dans ce mouvement qu’il considère comme soumis au Front national et gangréné par un jeunisme new-look. Lors des élections régionales de mars 2010, Richard Roudier conduit en Languedoc-Roussillon une liste du Bloc identitaire sous l’étiquette de la Ligue du midi et obtient 1,08% des voix(2). Dans la foulée, le père Roudier quitte le Bloc identitaire et fait perdurer la Ligue du midi. Il tente alors de se constituer un nouveau réseau, notamment en dialoguant avec les exclus du Front national (car jugés trop à droite !) et en organisant des « banquets patriotiques » et des « assises de l’enracinement » avec le fleuron des « intellectuels » racistes et islamophobes. À 70 ans, Richard Roudier peut compter sur ses fils pour reprendre la relève : Martial Roudier a été condamné à deux ans de prison ferme pour avoir poignardé un adolescent antifasciste de 16 ans(3) et Olivier Roudier à six mois ferme pour avoir crié dans un village « Les melons, vendeurs de drogue, on va tous vous tuer » en faisant des saluts nazis(4). Ce-dernier est aussi accusé d’avoir harcelé un enfant parce qu’il est métis, mais c’est une autre histoire dont nous vous parlerons prochainement…

Si le nouveau procès des Roudier du 5 décembre prochain peut entraîner la dissolution de la Ligue du midi, il ne faut pas pour autant faire confiance aux tribunaux pour lutter contre l’extrême-droite car les juges sont largement complices du racisme de l’État français. L’extrême-droite se combat dans la rue : soyons nombreuses et nombreux le 5 décembre prochain à 8h devant le tribunal correctionnel de Montpellier !

Sources :

(1) Les éléments biographiques de la jeunesse de Richard Roudier sont pour l’essentiel extraits de son autobiographie auto-éditée, Le Glaive et la Charrue, publiée en 2013.
(2) Score disponible sur le site du ministère de l’intérieur, lien.
(3) « Nîmes : rixe idéologique : deux ans de prison ferme », Midi Libre, 14 juin 2013, lien.
(4) « Saluts nazis, insultes racistes : 6 mois ferme pour le militant d’extrême droite », Midi Libre, 26 juin 2012, lien.

Affiche raciste et sexiste d’Unité radicale, groupe dont ont fait partie Richard, Olivier et Martial Roudier

Olivier Roudier

Martial Roudier

Richard Roudier

Lire plus d’articles sur la Ligue du midi :

– « La famille Roudier, des fachos à la ferme : le père (première partie) », La Horde, 11 juillet 2017, lien.
– « La famille Roudier, des fachos à la ferme : le père (deuxième partie) », La Horde, 9 septembre 2017, lien.

Lire plus d’articles sur la question des mineurs étrangers isolés et sur « l’accueil » des migrants à Montpellier :

– « Mineurs isolés : le département de l’Hérault refuse de protéger les enfants étrangers », Le Poing n° 29, septembre 2017, lien.
– « Au CAO de Montpellier, les migrants dorment dans des “chambres” de 4 à 6 m² », Le Poing n°29, septembre 2017, lien.

Appel complet de l’assemblée contre les violences d’État et pour les libertés :

Nous dénoncions en juillet 2017 les violences perpétrées à Montpellier contre une association qui aide les mineurs isolés étrangers, par un groupuscule d’extrême droite violent. Ils tentent de stigmatiser une population fragile en attisant la haine et en véhiculant une idéologie raciste et xénophobe. Nous dénoncions également la presse locale en particulier Midi Libre qui par une surexposition de faits divers mettant en cause des jeunes migrants contribue activement à cette ambiance délétère.

Les personnes ayant fait cette action passent en procès mardi 5 décembre au matin, le groupuscule haineux veut se servir de ce procès comme d’une tribune pour propager leur idéologie nauséabonde. Ne laissons pas d’espace au fascisme dans l’espace public.

Nous appelons à un rassemblement devant le tribunal de grande instance place Pierre flotte : mardi 5 décembre à 8h ! Nous rappelons que Montpellier n’est pas une ville raciste et ne doit pas le devenir, que les migrants y sont bienvenus et nous revendiquons la liberté de circulation et d’installation pour tous et toutes.

Appel complet du NPA34 :

Face à la violence raciste et xénophobe, le NPA 34 appelle à se rassembler avec les organisations, associations et collectifs mobilisé-e-s lors du procès intenté à la « Ligue du Midi », devant le TGI de Montpellier place Pierre Flotte le mardi 5 Décembre à 8h pour dénoncer l’agression à l’encontre de l’association RAIH qui accueille des jeunes migrant-e-s mineur-e-s isolé-e-s.

Ne nous y trompons pas ce procès ne règlera rien sur le fond.

Les agissements de ce groupuscule identitaire sont la résultante du racisme d’état et des politiques migratoires menées depuis des décennies par les différents gouvernements. Ces politiques successives ont contribué à la « Lepenisation » des consciences avec le rejet de l’autre et de ses différences.

Le fascisme et le racisme n’ont pas leur place à Montpellier.

Le NPA34 renouvelle sa solidarité totale avec les migrant-e-s : Aucun être humain n’est illégal – Liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous les migrant-e-s.

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Mis en ligne le 28 novembre 2017