Aujourd’hui c’est poésie : Thomas Vinau

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Thomas Vinau fait partie de cette catégorie de poètes à lunettes, qui fument et ont un chien. Militant du minuscule, il décortique le monde d’un regard tendance rêveur.

Il n’a aucune illusion sur la condition humaine, fait juste tout ce qu’il peut pour se, et nous, la rendre plus supportable.

Auteur prolixe à textes courts, il possède une bibliographie impressionnante pour un homme si jeune, il possède également un cabinet de curiosités, une maison avec une terrasse dans toutes les directions, une panoplie de Spiderman et touche des royalties sur sa part de nuages.

Lire Thomas Vinau c’est retrouver quelque chose de l’enfance et de son immensité dans trois fois rien. Des simples vérités, dérisoires, sous une plume sentimentale – et ce n’est pas un gros mot. Il le dit lui-même : « Je ne tords pas la langue, je l’élague. Je ne chante pas le monde, je le chuchote. »

Tout est question d’angle de vue, c’est ce que dit la poésie.

Ne nous leurrons pas, nous savons où nous sommes, dans un endroit où des types du Moyen-Age descendent à la kalach la liberté, l’humour, l’irrévérence et la poésie qui sont nos armes certes moins radicales mais qu’ils ne se leurrent pas non plus, ils ne peuvent rien contre le pouvoir des mots et des rêves.

Ils ne peuvent rien contre la puissance de tir d’un poème de Vinau dont les balles sont les gouttes de rosée à la lumière de l’aube, les gestes de la tendresse, les rots des princesses, les mélancolies et les espoirs fous des hommes.

La poésie plus forte que la haine, Inch Allah.

Quelques extraits :

Deux aveugles

Et je piétine la vie
Et la vie me piétine
Et nous restons ainsi
comme deux aveugles têtus
qui se marchent infiniment dessus

Aussi étonnant que cela puisse paraitre

Aussi étonnant
que cela puisse paraître
certains d’entre nous
n’ont rien à vendre

Certains dimanches de grands vents

Songer
certains dimanches
de grands vents
pleins de poussière
et de lumière
à s’ouvrir le ventre
du sol au plafond
Pour aérer à l’intérieur

HD

Derniers ouvrages parus :  Les Derniers seront les derniers – Edition Le pédalo ivre
Juste après la pluie – Alma Editeur

A suivre sur :  www.etc-iste.blogspot.fr

*Précision à l’usage des plus jeunes : Allusion au superbe roman de John Fante Demande à la poussière, un roman autobiographique sur la pauvreté, la vie d’écrivain à Los Angeles dans les années 30, avec beaucoup d’alcool dedans.

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Mis en ligne le 09 février 2015