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« Erdogan assassin » : le centre kurde de Montpellier se mobilise face à l’invasion imminente de l’armée turque à Afrin

Rassemblement à Montpellier du 12 mars 2018, organisé par le centre démocratique kurde de Montpellier pour dénoncer l’offensive de l’armée turque à Afrin

Montpellier Poing Info, le 13 mars 2018 – Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées hier soir à l’appel du centre démocratique kurde de Montpellier pour dénoncer « le nettoyage ethnique de l’armée turque et de ses alliés tels qu’Al-Qaeda, Al-Nosra et l’État islamique » dans la ville d’Afrin, à la frontière nord-ouest de la Syrie. Depuis le 20 janvier 2018, ce canton abritant plus de 500 000 personnes, dont de nombreux réfugiés de la guerre civile syrienne, est sous le feu des bombardements de l’armée turque, qui affirme aujourd’hui avoir assiégé le centre de la ville.

Hier Kobané, aujourd’hui Afrin

Pour l’État turc, ces offensives – menées dans le cadre de la mal-nommée opération Rameau d’olivier – ont pour but de chasser les forces kurdes qui contrôlent Afrin depuis 2012, à savoir le parti de l’union démocratique (PYD) et ses branches armées, les YPG, qui s’étaient notamment fait remarquer pour leur lutte acharnée et victorieuse contre Daech à Kobané. Ce qui a particulièrement mis le feu aux poudres, c’est une déclaration du gouvernement américain du 14 janvier 2018 déclarant travailler avec les forces démocratiques syriennes (les FDS, composées à majorité par les troupes des YPG) pour créer une nouvelle force frontalière.(1) Une collaboration jugée « inacceptable » par le président turc Reycip Erdogan(2), qui considère le PYD et les YPG comme des groupes terroristes en raison des liens qu’ils entretiennent avec le parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK, une organisation révolutionnaire qui se bat depuis plus de trente ans contre l’oppression de l’État turc et pour faire reconnaître les droits des Kurdes à s’autodéterminer.

L’armée turque affirme encercler le centre d’Afrin

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité le 24 février dernier une résolution demandant un cessez-le-feu humanitaire en Syrie, mais le premier ministre turc, Binali Yildirim, a déclaré que ce cessez-le-feu ne concernait pas l’opération Rameau d’olivier.(3) L’agence de presse du gouvernement turc Anadolu a publié ce matin un communiqué affirmant que « l’armée turque a assiégé le centre d’Afrin […] les endroits stratégiques à Afrin ont été saisis par les forces turques. Le commandement [de l’état-major turc] s’est aussi félicité de la neutralisation de 3 393 terroristes depuis le début de l’opération. La Turquie a lancé le 20 janvier l’opération militaire Rameau d’olivier à Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, pour éliminer les organisations terroristes PKK/KCK/PYD-YPG »(4)

« Il n’y a littéralement aucune issue pour les civils »

Dans un communiqué publié hier sur la place de la Comédie, le centre démocratique kurde de Montpellier dénonce une situation humanitaire catastrophique : « Le Conseil de Santé d’Afrin rapporte que depuis le début des attaques, 232 civils ont été tués et 668 civils sont blessés, dont de nombreux enfants. D’après l’association d’aide humanitaire Heyva Sor a Kurdistané (le Croissant Rouge du Kurdistan), le nombre de victimes est encore plus élevé, mais ils n’ont pas été en mesure d’atteindre et de récupérer certains corps qui se trouvent encore au milieu des attaques en cours. […] La Turquie fait usage d’armes chimiques sur les civils. De nombreux villages ont été victimes d’attaques au gaz et des milliers de civils ont été forcés à quitter leurs villages et migrer au centre-ville d’Afrin à cause des raids aériens et bombardements. Cette semaine, l’armée syrienne exigeait des civils d’Afrin entre 1200 et 2000 dollars, pour qu’ils puissent quitter le canton en toute sécurité, une extorsion qui représente le double d’un salaire annuel moyen.

Il n’y a littéralement aucune issue pour les civils encerclés au nord par un mur de ciment massif de 3 m de haut et des djihadistes fournis par l’UE, des militaires turcs, des militaires syriens et Daesh sur les fronts est, ouest et sud, tout en étant bombardés du ciel ! […] N’oublions pas que les Kurdes sont nos amis, ils ont payé de leur sang pour éradiquer Daech, aujourd’hui ne fermons plus les yeux, aidons-les et ensemble battons-nous pour la liberté et la démocratie. Nous sommes responsables de notre silence, et notre silence a des conséquences graves. »

Sources :

(1) « Bataille d’Afrin en Syrie : les forces en présence », France 24, 22 février 2018
(2) « La nouvelle force de sécurité en Syrie formée par les Américains fâche Ankara », RTS INFO, 21 janvier 2018
(3) « Yildirim: Le cessez-le-feu voté à l’ONU ne concerne pas Afrin », Anadolu [agence de presse du gouvernement turc], 27 février 2018
(4) « L’Armée turque a assiégé le centre d’Afrin, le 12 mars », Anadolu [agence de presse du gouvernement turc], 13 mars 2018


Tract signé du centre démocratique kurde de Montpellier et diffusé lors du rassemblement en solidarité avec Afrin du 12 mars 2018 sur la place de la Comédie :

STOP AU NETTOYAGE ETHNIQUE DE L’ARMEE TURQUE A AFRIN !

Depuis le 20 janvier 2018, l’armée d’occupation turque poursuit ses bombardements sur les civils d’Afrin.

Le peuple kurde d’Afrin fait face à un génocide et à un nettoyage ethnique par l’armée turque et ses alliés tels qu’Al-Qaeda, Al-Nosra et l’Etat islamique. La communauté internationale continue de garder le silence et ferme les yeux sur ces massacres.

Malgré l’adoption d’un résolution par le Conseil de Sécurité de l’ONU pour l’arrêt des opérations militaires en Syrie, les attaques de l’armée turque se sont intensifées dans la zone. Le cessez-le-feu n’existe que sur les papiers et il n’y a aucune force qui gère son application, alors qu’il représentant une once d’espoir pour les peuples de Syrie. Cela fait de l’Union européenne, des Etats-Unis, de la Russie et des Nations-unies des complices de ce génocide à Afrin.

Le Conseil de Santé d’Afrin rapporte que depuis le début des attaques, 232 civils ont été tués et 668 civils sont blessés, dont de nombreux enfants. D’après l’association d’aide humanitaire Heyva Sor a Kurdistané (le Croissant Rouge du Kurdistan), le nombre de victimes est encore plus élevé, mais ils n’ont pas été en mesure d’atteindre et de récupérer certains corps qui se trouvent encore au milieu des attaques en cours. De plus, le Conseil de Santé d’Afrin avait rapporté que malgré la résolution de l’ONU réclamant un cessez-le-feu, déjà 20 civils avait été tués en seulement 6 jours, entre le 28 février et le 6 mars.

Les armes utilisés contre les civils d’Afrin

La Turquie fait usage d’armes chimiques sur les civils. De nombreux villages ont été victimes d’attaques au gaz et des milliers de civils ont été forcés à quitter leurs villages et migrer au centre-ville d’Afrin à cause des raids aériens et bombardements.

Plus d’eau et d’électricité à Afrin

Actuellement, le siège sur la ville d’Afrin a débuté et l’armée turque vise spécialement les infrastructures pour forcer les habitants à quitter la ville. Les boulangeries, lignes d’électricité et de téléphone ainsi que les installations pour la distribution d’eau ont été prises pour cible par l’armée turque. Depuis que l’usine Meydanke-Dam a été assiégée, il n’y a plus d’eau ni d’électricité.

Les kurdes d’Afrin font face aujourd’hui à la possibilité de devenir les victimes de la campagne de nettoyage ethnique jusqu’à ce qu’ils disparaissent totalement d’Afrin. En réalité, cette enclave est connue historiquement pour avoir été le lieu de vie des kurdes, mais lorsque les opérations ont été lancées par le président turc, il a clairement expliqué son intention qui était de « rendre Afrin à ses propriétaires » ! Il est clair qu’Erdogan a lancé cette campagne envers tous les kurdes du monde.

La Turquie poursuit ses attaques malgré la résolution des Nations Unies, mais la communauté internationale ainsi que les Nations Unies demeurent silencieuses malgré cette violation.

Aujourd’hui les résultats sont clairs :
– La Turquie tue les kurdes alors que l’ONU garde la silence.
– Hier c’était l’Etat islamique à Kobane, aujourd’hui c’est l’Etat turc à Afrin.
– Alors que la Turquie massacre, l’Europe, l’OTAN, la Russie et l’ONU restent spectateurs.

 

ENSEMBLE, SAUVONS AFRIN !

Des affrontements violents ont lieu actuellement à Afrin. Les djihadistes et les mercenaires d’Erdogan sont à 2 km de la ville d’Afrin. C’est un développement terrifiant car des centaines de milliers de civils et de déplacés internes sont maintenant piégés dans la ville, sans issue !

Pendant des semaines, nous avons vu comment l’ « armée » d’invasion turque, qui a manifestement recyclé d’anciens soldats de Daesh pour terroriser les Kurdes et réclamer vengeance contre les forces FDS-YPG-YPJ pour leurs défaites historiques et humiliantes depuis la libération de Kobanê. Ils ont torturé, tué, brûlé, massacré. A chaque pas, les djihadistes soutenus par les Turcs et leurs partisans politiques à Ankara ont appelé à la « purification » d’Afrin et au retour des habitants « d’origine ».

Cette semaine, l’armée syrienne exigeait des civils d’Afrin entre 1200 et 2000 dollars, pour qu’ils puissent quitter le canton en toute sécurité, une extorsion qui représente le double d’un salaire annuel moyen. Il n’y a littéralement aucune issue pour les civils encerclés au nord par un mur de ciment massif de 3 m de haut et des djihadistes fournis par l’UE, des militaires turcs, des militaires syriens et Daesh sur les front est, ouest et sud, tout en étant bombardés du ciel !

Des milliers de combattants des FDS-YPG-YPJ se battent férocement pour sauver la ville et les civils, mais Erdogan n’a pas hésité à bombarder la ville et les zoes civiles  et en fait, il l’a fait délibérément comme un acte de terrorisme manifeste – et les bombardements se poursuivront ! Les forces terrestres ne peuvent pas faire grand-chose pour défendre une ville assiégée sous des bombardements incessants !

On ne saurait trop insister sur l’urgence de la situation !

Nous appelons tous nos élus : maires, députés, sénateurs, et notre président Emmanuel Macron à réagir et dénoncer les crimes commis, demander l’arrêt des massacres perpétrés sur les civils à Afrin et le retrait des troupes turques de la Syrie.

Nous appelons tous les militants des droits de l’ homme à dénoncer la barbarie de l’état turc.

Nous appelons tous les médias à prendre leurs responsabilités, diffuser et dénoncer de toute urgence l’invasion et la crise humanitaire à Afrin.

Nous appelons tous les citoyens français à se renseigner sur la situation à Afrin sur internet et la diffuser le plus largement possible sur les réseaux sociaux, à signer les pétitions pour l’arrêt de l’invasion de l’armée turque à Afrin, et l’arrêt des massacres.

N’oublions pas que les Kurdes sont nos amis, ils ont payé de leur sang pour éradiquer Daech, aujourd’hui ne fermons plus les yeux, aidons-les et ensemble battons-nous pour la liberté et la démocratie.

Nous sommes responsables de notre silence, et notre silence a des conséquences graves.
Ne laissons pas un nettoyage ethnique arriver pour l’amour de tout ce qui est humain et encore sacré en chacun de nous.

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Mis en ligne le 13 mars 2018