Mouvement du 17 novembre contre la hausse du carburant : blocage de l’A709 en prévision

Montpellier Poing Info, 7 novembre 2018 – La récente hausse du prix du diesel a provoqué une réaction massive et spontanée sur internet : 780.000 signataires sur la pétition en ligne « pour une baisse des prix du carburant », vidéo d’une automobiliste en colère visionnée plus de 5 millions de fois et surtout, création d’un événement facebook pour un « blocage national » le 17 novembre réunissant 49.000 « participants » et 200.000 « personnes intéressées ». Quelles actions sont prévues ? Qui est à l’origine du mouvement ? Quelles sont ses revendications ? Le Poing vous répond.

Blocage de l’A709

L’événement facebook national a été décliné en plusieurs centaines d’éditions locales, dont le « mouvement national contre la hausse du carburant (34) » (1400 « participants », 3600 « personnes intéressés »), qui appelle à rouler « tranquillement […] entre les deux jonctions autoroutières de Montpellier/Saint-Jean-de-Védas et Saint-Aunès/Vendargues, sur la A709 (ancienne A9) et sur la zone gratuite de la nouvelle A9 […] RDV sur le parking supermarché Carrefour à Saint-Jean-de-Védas pour un départ à 14h et pour une petite balade pépère en aller/retour. Ciblez votre voiture avec le gilet jaune de sécurité posé sur le tableau de bord ». Parmi les actions proposées : « filtrer par barrages, bloquer les péages, ouvrir les barrières, bloquer les pompes ».

Un mouvement spontané

La pétition en ligne a été lancée par Priscillia Ludosky, une jeune entrepreneure ayant fait le constat que « toutes les personnes qui vivent en banlieue ou dans des zones rurales et qui prennent leur voiture tous les jours n’en peuvent plus de ces augmentations », et l’événement facebook a été créé par Eric Drouet et Bruno Lefebre, deux chauffeurs routiers : « on parlait un soir au téléphone, et on se disait qu’on en avait marre de payer des taxes et de voir le prix du carburant qui augmente ». Dans un second temps, l’extrême-droite a cherché à récupérer le mouvement, d’abord par la publication sur les réseaux sociaux d’une vidéo d’un militant proche du Front national, et ensuite par le soutien des notables d’extrême-droite Le Pen et Dupont Aignan. Dans l’Hérault, le groupuscule identitaire de la Ligue du Midi a publié un texte de soutien à l’appel, en trouvant tout de même le moyen de dénoncer les « nouveaux-venus » (comprendre : les étrangers). Les initiateurs de la journée du 17 novembre ne sont pas responsables des tentatives désespérées de récupération de l’extrême-droite, qui cherche régulièrement à squatter les manifestations aux revendications floues pour pallier sa propre incapacité à mobiliser dans la rue. Priscillia Ludosky, Eric Drouet et Bruno Lefevre ne sont pas des militants d’extrême-droite, comme l’immense majorité de celles et ceux qui souhaitent participer aux blocages le 17 novembre.

Quelles revendications ?

La revendication principale, c’est évidemment la baisse du prix du carburant, mais la pétition avance aussi d’autres « pistes » : « supprimer progressivement la vente de véhicules diesel », « réguler les prix trop élevés des véhicules électriques » ou bien « allouer des subventions aux entreprises […] afin qu’elles s’installent en banlieue et en province ». Les revendications sont suffisamment floues pour agréger des gens que tout opposent : salariés exploités et patrons riches, syndicalistes CGT et policiers patriotes, sympathisants de gauche qui veulent tout changer et sympathisants de droite qui ne veulent plus se faire taxer, etc. Certains dénoncent un mouvement dangereux « pro-essence », sans proposer pour autant de solutions aux habitants des banlieues et des zones rurales périphériques, touchés de plein fouet par l’augmentation du diesel, et qui ne peuvent pas vivre sans voiture. D’autres s’indignent qu’un mouvement contre la hausse du carburant connaisse un tel succès alors que les récentes mobilisations écologistes, sociales ou pour les migrants ont été très peu suivies. De fait, la mobilisation du 17 novembre est politiquement inclassable. L’engagement numérique se traduira-t-il dans la vraie vie ? La mobilisation s’élargira-t-elle à des revendications sociales ? Parviendra-t-elle à réussir ce que les derniers mouvements sociaux n’ont pas su faire, c’est-à-dire à bloquer le pays ? Réponse le 17 novembre.

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Mis en ligne le 07 novembre 2018