Jules Panetier : récit de ma nouvelle séquestration par la police (19/11/16)

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Libre. Comme la dernière fois, j’ai été arrêté arbitrairement dans la rue et placé quarante-deux heures en garde à vue au commissariat de Montpellier. Comme la dernière fois, la justice m’accuse d’avoir insulté un policier (le 15 septembre et le 26 octobre). Comme la dernière fois il n’y a aucune preuve dans le dossier, sinon la « bonne foi » des policiers. Mais cette fois-ci, je ne passe pas en comparution immédiate.

Le procès c’est le 16 mars et d’ici là je suis sous contrôle judiciaire : je dois pointer deux fois par semaine au commissariat et je suis interdit de rentrer en contact avec les deux policiers qui m’accusent de les avoir insultés. Mais je ne sais pas qui sont ces policiers (la juge des libertés et de la détention m’a donné le droit de pouvoir bientôt obtenir des photos d’eux). Peut-être font-ils partie des policiers qui me menacent et me harcèlent régulièrement dans la rue ? De fait, cette interdiction de rentrer en contact avec des policiers que je ne connais pas signifie pour moi une assignation à résidence puisque les policiers cherchent fréquemment à rentrer « en contact » avec moi dans la rue, la plupart du temps par l’insulte. Et même quand ce sera pour aller pointer au commissariat, je vais devoir marcher entouré d’amis caméras et micros au poing, car il suffirait que ces policiers m’attendent devant la porte du commissariat pour que je rentre en « contact » avec eux et que mon contrôle judiciaire soit rompue, m’assurant de nouveau une place à la prison de Villeneuve-lès-Maguelone.

Avant mon procès-verbal avec l’officier de police judiciaire, en off, je lui ai dit que les accusations portées contre moi étaient mensongères, qu’il le savait pertinemment et que toute la procédure était purement politique. Il a tranquillement acquiescé avant de se justifier de n’être que le pion d’un système plus vaste. Au commissariat, j’étais le détenu à ne pas louper : les policiers sortaient de leurs bureaux juste pour me faire partager leur plaisir de me voir chez eux.

Peut-être que si je les attire, c’est parce que comme je l’ai appris aujourd’hui, je suis fiché S, je suis une « atteinte à la sûreté de l’Etat […] anarcho-autonome, anarcho-libertaire (!), individu dangereux susceptible de commettre des actes violents sur tout le territoire national et à l’étranger ». Tels des complotistes, ils pensent que je suis le chef d’une organisation locale structurée.

Les policiers, matons, militaires et autres gardiens de l’état ne comprennent pas qu’il n’y a pas d’organisation structuré en face d’eux, mais un océan de galériens et de galériennes qui luttent pour vivre, pour avoir un toit, pour ne pas subir les oppressions policières, sexistes, racistes, pour ne pas se faire gueuler dessus par un patron pour 7 balles de l’heure, etc.

Merci infiniment à tous ceux qui se sont rassemblés hier soir devant le commissariat. Merci au Pressoir pour le communiqué diffusé avec rapidité.

Ma défense lors du procès sera politique, et j’ai besoin d’un maximum de soutien et de témoignages pour éviter qu’il me rejette en prison sans raison. Stockez les vidéos des manifestations du 15 septembre et du 26 octobre, ne les diffusez pas et venez mardi prochain à 19h à l’assemblée générale contre l’état d’urgence au Barricade (14 rue Aristide Ollivier).


Jules Panetier

 

Dispositif policier face au rassemblement du 26 octobre, jour de l'anniversaire de la mort de Rémi Fraisse.

Dispositif policier face au rassemblement du 26 octobre, jour de l’anniversaire de la mort de Rémi Fraisse.

Dispositif militaire face au rassemblement du 26 octobre, jour de l'anniversaire de la mort de Rémi Fraisse.

Dispositif militaire face au rassemblement du 26 octobre, jour de l’anniversaire de la mort de Rémi Fraisse.

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Mis en ligne le 19 novembre 2016