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Diffamé par une « campagne d’extrême-droite », le secrétaire départemental de Solidaires 34 contre-attaque

Le secrétaire départemental de Solidaires 34, José Luís Torres (à gauche)

Montpellier Poing Info, le 2 mai 2018 – Accusé par le média sensationnaliste e-metropolitain et le site identitaire Lengadoc-info d’être le « leader » des « casseurs » de la manifestation du 14 avril, le secrétaire départemental de Solidaires a convoqué ce matin une conférence de presse pour dénoncer une « campagne d’extrême-droite » et prévenir « qu’il n’arrêtera pas le combat ».

Intrumentalisation politique et médiatique

Un petit rappel des faits s’impose. Le 14 avril, à l’appel des étudiants mobilisés contre la loi ORE, plusieurs milliers de personnes défilent dans les rues de Montpellier, dont de nombreux jeunes qui s’en prennent aux symboles capitalistes, comme des banques et des assurances. 51 personnes sont interpellées et 43 sont placées en garde à vue. Tous seront libérés, à l’exception de deux personnes déférées en comparution immédiate, dont l’une a été condamnée à 3 mois de prison ferme pour « participation à un attroupement armé en vue de commettre des dégradations ». Philippe Saurel a annoncé porter plainte contre X et le préfet de l’Hérault Pierre Pouëssel a pointé du doigt des « leaders qui sont là pour diriger la manoeuvre ».(1)

Le 23 avril, le « journaliste » Jean-Marc Aubert – connu pour sa proximité avec la police(2) et ses propos racistes – a publié un article sobrement intitulé : « Casseurs de Montpellier : une photo accablante ». « Ce manifestant a été aperçu vers 16h en compagnie de Muriel Ressiguier, la députée de la France Insoumise […], avant le départ du cortège de la manifestation, […] juste avant le raid des 200 casseurs » affirme-t-il. Le site d’extrême-droite Lengadoc-Info – tenu par le militant de la Ligue du Midi Jordi Vives Carceller – a publié dans la foulée un autre article dans lequel il est écrit : « L’identité du personnage situé à droite ne fait que peu de doute malgré son visage en partie dissimulé. Il s’agirait de José Luís Torrès, secrétaire départemental du syndicat Solidaires 34. »

« Criminalisation du mouvement social »

Lors de la conférence de presse de ce matin, le secrétaire départemental de Solidaires n’a pas souhaité répondre directement à e-metropolitain et Lengadoc-info : « on est là pour parler du fond précise-t-il, si ces médias préfèrent être proche de l’extrême-droite et de la police, c’est leur problème ! » « Concernant la manifestation du 14 avril, je tiens à préciser qu’on avait proposé un parcours à la police qui aurait pu éviter la casse mais ça a été refusé ! La police a provoqué les manifestants dès le départ de cette manifestation en lançant des lacrymogènes sur tout le monde ! […] La violence est du côté du gouvernement, qui parle de ‘‘dialogue social’’ mais qui, dans les faits, ne veut rien négocier du tout et cherche à tout faire passer en force. Et après on s’étonne que les gens pètent un cable ! […] On assiste clairement à une criminalisation du mouvement social. La police scientifique a été envoyée à la faculté Paul-Valéry [pour retrouver ceux qui ont attaqué les serveurs, ndlr], mais ceux qui ont agressé les étudiants à la faculté de droit courent toujours alors que nombre d’entre eux ont été identifiés ! »

Interrogé sur le phénomène politique des « casseurs », un syndicaliste de Sud Éducation a précisé que « le rôle des syndicats n’est pas de légitimer ou délégitimer telle ou telle colère ». Une position partagée par un ancien inspecteur du travail, selon lequel « il ne faut pas avoir de position de principe sur la question de la pertinence de la ‘‘casse’’. Parfois, c’est perçu comme légitime aux yeux de la population, comme cela a été le cas pour les paysans, et parfois non. Ça dépend de l’importance du mouvement social ». Pour le secrétaire départemental, « la meilleure réponse à donner à cette campagne d’extrême-droite, c’est de continuer à lutter, à soutenir ceux qui luttent ou qui veulent rentrer en lutte et à viser la convergence des luttes ».

Sources :

(1) « Montpellier : la “mouvance anar” pointée du doigt après les incidents et la manif du 14 avril », France 3 Occitanie, 21 avril 2018
(2) « Nos journaux gâtent ‘‘les flics’’ », Montpellier journal, 23 décembre 2008.

 

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Mis en ligne le 02 mai 2018